Le site est en ligne, vous payez l'hébergement, mais plus personne ne répond aux mails. Le prestataire qui a fait votre site a disparu — ou pire, il vous réclame une somme pour « rendre » les accès. Voici comment on reprend la main, dans le bon ordre, sans perdre votre référencement.
C'est une situation qui arrive plus souvent qu'on ne le croit, et chaque semaine compte : un hébergement non renouvelé peut faire disparaître votre site, et un nom de domaine qui expire peut être racheté par n'importe qui dans les jours qui suivent. Alors on y va méthodiquement.
Étape 1 — Savoir qui détient quoi (avant de toucher à quoi que ce soit)
La question qui décide de tout : à quel nom sont enregistrés le nom de domaine et l'hébergement ? C'est la première chose qu'on vérifie, et c'est aussi la source de 80 % des blocages. Trois configurations possibles :
| Élément | Titulaire sain | Situation à risque |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Votre entreprise, avec votre email | Au nom du prestataire ou d'une agence tierce |
| Hébergement | Votre compte, vos factures | Hébergement mutualisé « offert » chez le prestataire |
| Code du site | Vous avez un accès FTP ou une copie | Aucune sauvegarde, aucun accès |
| Google / Search Console / Analytics | Propriété à votre email | Comptes créés par le prestataire, non partagés |
Pour vérifier à qui appartient un domaine, une recherche « whois » sur n'importe quel site gratuit vous donne le titulaire (masqué en partie si le prestataire a activé la confidentialité, mais le registrar est visible). Si le titulaire n'est pas vous, il faut un transfert — et le prestataire doit donner son accord, ce qui est précisément le problème quand il ne répond plus.
Ce qui n'est pas négociable : le contenu de votre site (textes, photos de vos chantiers, vos clients) et vos données vous appartiennent. Le nom de domaine, en revanche, appartient juridiquement à celui qui l'a enregistré. C'est pour cette raison qu'un site livré « avec domaine au nom de l'agence » est un piège, et ce n'est pas une question de technique mais de contrat.
Étape 2 — Sauvegarder avant de réparer
Dès que vous avez un accès FTP, un accès à l'administration du site ou un accès à l'hébergeur, la première action n'est pas de modifier, c'est de copier :
- Tous les fichiers du site (archive complète du répertoire web).
- La base de données si le site en a une (export SQL).
- La zone DNS, en capture d'écran et en fichier d'export : c'est ce qui permet de remettre les emails en route après un transfert.
- Les accès Google (Search Console, Analytics) : ajoutez votre adresse comme propriétaire, pas comme simple utilisateur.
Cette sauvegarde est aussi votre assurance en cas de mauvaise surprise : un site peut sembler fonctionner et contenir une porte dérobée laissée par un prestataire malhonnête. On ne le découvre qu'en regardant le code — raison de plus pour archiver avant de toucher.
Étape 3 — Remettre en ligne sans perdre le référencement
Le transfert est la partie délicate. Un site déplacé sans précaution perd ses positions en quelques jours, et il faut parfois des mois pour les retrouver. Les règles à respecter, dans l'ordre :
- Garder le même nom de domaine. Ne changez jamais de domaine en même temps que de prestataire : traitez les deux séparément, à un mois d'intervalle.
- Conserver les adresses de pages à l'identique. Si une adresse doit changer, mettez en place une redirection 301 de l'ancienne vers la nouvelle, page par page.
- Migrer le DNS en dernier, une fois le nouveau site en place et testé sur une adresse temporaire.
- Vérifier les emails professionnels : c'est ce qu'on oublie le plus souvent, et c'est ce qui fait perdre le plus de devis (un email qui ne reçoit plus ne fait aucun bruit).
- Resoumettre le sitemap dans Search Console et surveiller les erreurs d'exploration pendant trois semaines.
Les trois erreurs qui coûtent le plus cher
- Payer pour « récupérer » ce qu'on possède déjà. Si le domaine est à votre nom, le prestataire n'a aucun droit dessus : passez par le registrar, pas par lui.
- Couper le site par dépit. Un site hors ligne, même deux semaines, c'est des appels perdus et parfois des positions perdues durablement. Remplacez d'abord, coupez ensuite.
- Refaire de zéro sans redirections. Le site tout neuf peut être superbe et ne plus rien générer pendant six mois. Les redirections ne sont pas une option.
Et si le prestataire refuse de donner les accès ?
Deux cas de figure. Si le domaine ou l'hébergement est à votre nom, vous n'avez pas besoin de lui : le registrar et l'hébergeur traitent avec le titulaire, c'est-à-dire vous, sur simple preuve d'identité et de société. Si le domaine est à son nom, c'est un litige commercial : la voie classique est un courrier recommandé avec accusé de réception qui met en demeure de transférer le nom de domaine, en citant le contrat ou le devis initial. Un professionnel du droit peut être nécessaire, et ça se décide au cas par cas selon la valeur du site.
Dans les deux cas, la priorité est de sauvegarder ce qui existe encore : c'est la seule chose qui ne se remplace pas.
Combien ça coûte de reprendre un site
Une reprise de site — audit des accès, sauvegarde, nettoyage, remise en état et transfert — est affichée à 900 € chez Reparsite. Si le site est à refaire parce que la base technique est irrécupérable, une vitrine complète est à 1 500 €, une page unique à 700 €. Le détail est sur la page tarifs, et le diagnostic initial est gratuit : on vous dit d'abord ce qui est récupérable, et à quel prix.
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